Le guide simple pour tout comprendre sur le CSE pour les nuls
« On parle souvent du CSE, mais honnêtement, personne ne m’a jamais expliqué clairement ce que c’était… »
« J’ai entendu dire que c’est obligatoire dès 11 salariés, mais concrètement, je ne sais pas ce que je dois faire. »
Si ces questions te parlent, rassure-toi : tu es loin d’être le seul.
Le Comité Social et Économique (CSE) est une obligation légale dans les entreprises dès un certain effectif. Pourtant, ce dispositif reste souvent flou, mal expliqué… et parfois mal appliqué.
Ce guide a donc un objectif très simple : t’expliquer tout ce qu’il faut savoir sur le CSE pour les nuls, sans jargon, de manière claire et accessible – comme si on t’expliquait comment fonctionne un forfait mobile ou une voiture.
Tu es chef d’entreprise, RH, représentant du personnel ou salarié ? Peu importe ton rôle, ce guide te donnera une vue d’ensemble du CSE, son utilité et les obligations concrètes qui en découlent.
Le CSE, c’est quoi exactement ?
Le CSE pour les nuls, c’est une façon pratique d’appréhender ce qu’est le Comité Social et Économique.
C’est un groupe de salariés élus pour représenter leurs collègues auprès de l’employeur. Il joue un rôle central dans le dialogue social au sein de l’entreprise.
Avant 2020, il existait plusieurs instances distinctes :
- Les délégués du personnel,
- Le comité d’entreprise,
- Le CHSCT (chargé de la santé, de la sécurité et des conditions de travail).
Tout cela a été fusionné en une seule entité : le CSE. L’objectif ? Simplifier les échanges et clarifier les responsabilités.
À quoi sert le CSE ?
Globalement, le CSE est là pour :
- Représenter les salariés auprès de la direction,
- Poser les questions qui concernent la vie au travail (horaires, salaires, conditions de travail…),
- Être consulté lors de décisions majeures,
- Proposer des améliorations et alerter en cas de problème.
Dans les grandes structures, il peut aussi gérer :
- Les avantages type chèques cadeaux ou sorties,
- La prévention des risques (sécurité, stress, harcèlement…).
Son but n’est pas de créer du conflit avec la direction, mais d’instaurer un dialogue régulier, respectueux et équilibré.
Quand devient-il obligatoire ?
Selon la loi, un CSE doit être mis en place dès lors qu’une entreprise atteint 11 salariés pendant 12 mois consécutifs.
📌 Article L2311-2 du Code du travail : « Un Comité Social et Économique est mis en place dans les entreprises d’au moins 11 salariés pendant 12 mois consécutifs. »
📌 Article L2317-1 du Code du travail : « Le fait de ne pas organiser les élections du CSE constitue un délit d’entrave. »
🔗 Source officielle : service-public.fr
Qui est compté ?
- CDI à temps plein ou partiel,
- CDD (au prorata),
- Alternants,
- Intérimaires (dans certains cas).
Qui ne l’est pas ? Les stagiaires, par exemple.
Tableau récapitulatif
Effectif | CSE obligatoire ? | Missions principales |
<11 | Non | — |
11–49 | Oui | Dialogue social, SSCT |
50+ | Oui renforcé | Consultations, ASC |
Et à partir de 50 salariés ?
Le rôle du CSE s’élargit :
- Il est consulté sur la stratégie de l’entreprise,
- Dispose de budgets dédiés,
- Accède à la base de données économiques, sociales et environnementales (BDESE).
Il devient alors un véritable acteur dans la gouvernance de l’entreprise.
De qui se compose le CSE ?
Le CSE réunit des élus du personnel et l’employeur, qui en assure la présidence.
Les membres élus :
- Titulaires : participent activement aux réunions, votent.
- Suppléants : remplacent les titulaires en cas d’absence.
Le nombre de représentants dépend de la taille de l’entreprise.
Par exemple :
- 11 à 24 salariés : 1 titulaire et 1 suppléant,
- 25 à 49 salariés : 2 titulaires et 2 suppléants, etc.
Ils sont élus pour 4 ans, renouvelables une fois (sauf accord spécifique).
Le président du CSE :
C’est l’employeur ou une personne qu’il désigne.
Il convoque les réunions, anime les échanges et apporte des réponses aux questions posées.
Il ne participe pas aux votes sauf exceptions légales.
Les représentants syndicaux (facultatifs) :
S’il y a un ou plusieurs syndicats représentatifs, chacun peut désigner un représentant au CSE. Celui-ci peut s’exprimer librement, mais n’a pas de droit de vote.
Les missions concrètes du CSE
Les responsabilités du CSE varient selon la taille de l’entreprise, mais elles s’articulent toujours autour de quatre grands axes :
- Représenter les salariés
- Faire remonter les demandes ou réclamations,
- Questionner la direction lors des réunions,
- Maintenir un lien permanent entre les équipes et la direction.
- Être consulté sur les grandes orientations
Dès 50 salariés, l’employeur doit consulter le CSE chaque année sur :
- La stratégie,
- La situation économique,
- Les politiques RH et sociales.
- Agir pour la santé, la sécurité et les conditions de travail
Le CSE ou la commission SSCT :
- Effectue des visites,
- Identifie les risques (stress, harcèlement…),
- Peut lancer une alerte en cas de danger,
- Participe à la mise à jour du DUERP.
- Gérer les activités sociales et culturelles (ASC)
Dans les structures de 50 salariés et plus, le CSE peut organiser :
- Des sorties, arbres de Noël,
- La billetterie, les cartes cadeaux…
Un budget lui est attribué par l’employeur pour cela.
Les obligations de l’employeur
Lorsqu’un CSE existe (ou doit être mis en place), l’employeur a plusieurs obligations légales, sous peine de sanctions.
Organiser les élections
Il doit initier le processus dès que le seuil de 11 salariés est atteint sur 12 mois :
- Informer les salariés,
- Inviter les syndicats,
- Organiser les scrutins,
- Rédiger les procès-verbaux.
Tout retard ou oubli peut être sanctionné (jusqu’à 7 500 € d’amende).
Tenir des réunions régulières
- À partir de 11 salariés : au moins une réunion tous les 2 mois,
- À partir de 50 salariés : au moins une par mois.
Répondre aux questions et alertes
L’employeur doit répondre aux élus, et réagir rapidement en cas de problème signalé.
Fournir les moyens nécessaires
Cela inclut :
- Une salle de réunion,
- Les documents obligatoires (BDESE, bilans, etc.),
- Le temps nécessaire pour exercer les mandats.
Que se passe-t-il en l’absence de CSE ?
Trop d’entreprises, notamment les petites structures, pensent à tort qu’il n’y a pas de conséquences majeures. En réalité, les risques sont réels :
Délit d’entrave (voir encadré juridique ci-dessus) :
- Jusqu’à 7 500 € d’amende,
- Dommages-intérêts possibles.
Procédures RH invalidées
Sans CSE, certaines démarches deviennent illégales :
- Licenciements économiques,
- Réorganisations,
- Ruptures collectives,
- Accords collectifs…
Climat social dégradé
L’absence de CSE peut nourrir :
- Un sentiment de flou ou d’injustice,
- Une coupure entre la direction et les salariés,
- Des tensions ou conflits non traités.
Mini FAQ spéciale débutants
Le CSE peut-il bloquer un projet ?
Non. Il donne un avis, mais la décision finale revient à l’employeur.
Faut-il être syndiqué pour être élu ?
Non. Tout salarié remplissant les critères peut se présenter.
Le CSE prend-il des décisions ?
Non. Il conseille, alerte et dialogue, mais ne décide pas à la place de la direction (sauf accord spécifique).
Les élus doivent-ils suivre une formation ?
Oui. C’est même obligatoire.
- La formation dite économique, prévue à l’article L. 2315-63.
- La formation santé, sécurité et conditions de travail, prévue à l’article L. 2315-18 du Code du travail, appelée également formation SSCT.
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Objectif : Identifier, prévenir et réduire les risques professionnels, maîtriser les obligations légales en matière de santé et sécurité au travail. -
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Objectif : Prévenir et traiter les situations de harcèlement moral ou sexuel, assurer un rôle de soutien et de vigilance au sein de l’entreprise. -
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